ECHO #14
Scénario & Dessins: Terry Moore 
Julie Martin est tranquillement en train de prendre des photos dans un désert de l'Utah.
A des kilomètres au-dessus d'elle, Annie Trotter est en train de tester une sorte d'armure composée d'un alliage expérimental.
L'expérience tourne au drame lorsque l'armure explose, transformant Annie en une pluie de particules dont certaines viendront se greffer sur le corps de Julie de façon apparemment irréversible.
Voilà les prémisses d'Echo, la BD de Terry Moore, un auteur qui a gagné ses galons de "membre de la cour des grands" grâce à "Strangers in Paradise", sa première oeuvre, auto-publiée et récompensée de plusieurs prix, dont l'Eisner Award de la meilleure série en '96.
Bien que Strangers in Paradise ait duré 14 ans, je ne pourrai pas vous en parler car je n'en ai pas lu un seul épisode. Il n'est néanmoins pas dur d'imaginer que lorsqu'on est l'auteur d'une BD qui a eue assez de succès pour durer aussi longtemps et remporter une distinction comme l'Eisner Award (qui sont, je le rappelle, aux comics ce que les Oscars sont au cinéma), il faut s'attendre à ce que votre public soit aux aguets concernant votre projet suivant. Terry Moore se trouve un peu dans la même situation que Matt Groening, le créateur des Simpsons, lorsqu'il a lancé Futurama. Et tout commme Groening, Moore a décidé de consacrer sa deuxième série à un genre complètement différent de la première, en l'occurence la science-fiction.
A priori, le succès est au rendez-vous puisque, comme je l'ai signalé dans cet update, Hollywood s'interesse déjà à l'adaptation cinématographique d'Echo. Mais que vaut la BD en elle-même?
Tout d'abords, soulignons le mérite qu'a Terry Moore d'assurer non seulement le scénario mais aussi les dessins de ses BDs (sans compter l'encrage, le lettrage et les couvertures!). Lorsque l'on voit l'irrégularité de certaines parutions des "deux grands" alors qu'ils se mettent à 4 pour faire ce que Moore fait seul, il convient de rendre hommage au bonhomme qui nous sort régulièrement ses 21 pages mensuelles, surtout d'une telle qualité. Jugez-en par vous-même:
Dommage, d'ailleurs, que ce ne soit pas en couleurs (je n'ai rien contre le noir & blanc mais dans le cas présent, l'absence de couleurs n'est pas justifiée par un choix artistique, comme dans Sin City par exemple, mais par des impératifs commerciaux).
Pour ce qui est de l'écriture, j'avouerai que pour l'instant, en tant que fan de science-fiction, je reste un peu sur ma faim. Les thèmes sont là (dérives scientifiques, fusion homme-machine, mutations...) mais j'ai plus l'impression de lire une version BD du "Fugitif" que de Gattaca ou d'un film de Cronenberg.
Concernant l'intrigue, je sens également comme un problème de rythme. Moore est certes doué pour les cliffhangers et extrêmement doué pour donner de la substance à ses personnages mais il a déclaré avoir conçu Echo comme une histoire d'une trentaine de chapitres regroupés en trois actes. Or nous en sommes déjà au numéro 14 et bien qu'il se soit déjà passé pas mal de choses, j'ai l'impression de n'assister encore qu'au prélude alors qu'on est censé être au milieu de l'histoire. Par comparaison, j'ai envie d'évoquer Peter Weir, le réalisateur de Witness, Truman Show ou encore Master & Commander, qui pour moi sont des films dont l'introduction des personnages a l'air de prendre les 3/4 du temps et le reste semble baclé en 10 minutes. J'espère que ce ne sera pas le cas pour Echo qui, de toute manière, n'est obligé par aucun impératif de se restreindre à 30 numéros (il s'agit encore une fois d'auto-publication).
Que Moore prenne donc son temps s'il doit en passer par là pour nous offrir une histoire de qualité mais si Echo se révèle à la longue être une sorte de feuilleton improvisé dont le dénouement est pour l'instant complètement vague pour son propre auteur, je ne serai pas étonné que ça parte en couilles un moment donné, à la Lost ou Twin Peaks.
Pour l'instant, ça n'a pas l'air d'être le cas et pour ma part, je serai au rendez-vous pour le numéro 15.
Prochainement: une nouvelle catégorie: Spotlight

Julie Martin est tranquillement en train de prendre des photos dans un désert de l'Utah.
A des kilomètres au-dessus d'elle, Annie Trotter est en train de tester une sorte d'armure composée d'un alliage expérimental.
L'expérience tourne au drame lorsque l'armure explose, transformant Annie en une pluie de particules dont certaines viendront se greffer sur le corps de Julie de façon apparemment irréversible.
Voilà les prémisses d'Echo, la BD de Terry Moore, un auteur qui a gagné ses galons de "membre de la cour des grands" grâce à "Strangers in Paradise", sa première oeuvre, auto-publiée et récompensée de plusieurs prix, dont l'Eisner Award de la meilleure série en '96.
Bien que Strangers in Paradise ait duré 14 ans, je ne pourrai pas vous en parler car je n'en ai pas lu un seul épisode. Il n'est néanmoins pas dur d'imaginer que lorsqu'on est l'auteur d'une BD qui a eue assez de succès pour durer aussi longtemps et remporter une distinction comme l'Eisner Award (qui sont, je le rappelle, aux comics ce que les Oscars sont au cinéma), il faut s'attendre à ce que votre public soit aux aguets concernant votre projet suivant. Terry Moore se trouve un peu dans la même situation que Matt Groening, le créateur des Simpsons, lorsqu'il a lancé Futurama. Et tout commme Groening, Moore a décidé de consacrer sa deuxième série à un genre complètement différent de la première, en l'occurence la science-fiction.
A priori, le succès est au rendez-vous puisque, comme je l'ai signalé dans cet update, Hollywood s'interesse déjà à l'adaptation cinématographique d'Echo. Mais que vaut la BD en elle-même?
Tout d'abords, soulignons le mérite qu'a Terry Moore d'assurer non seulement le scénario mais aussi les dessins de ses BDs (sans compter l'encrage, le lettrage et les couvertures!). Lorsque l'on voit l'irrégularité de certaines parutions des "deux grands" alors qu'ils se mettent à 4 pour faire ce que Moore fait seul, il convient de rendre hommage au bonhomme qui nous sort régulièrement ses 21 pages mensuelles, surtout d'une telle qualité. Jugez-en par vous-même:
Dommage, d'ailleurs, que ce ne soit pas en couleurs (je n'ai rien contre le noir & blanc mais dans le cas présent, l'absence de couleurs n'est pas justifiée par un choix artistique, comme dans Sin City par exemple, mais par des impératifs commerciaux).
Pour ce qui est de l'écriture, j'avouerai que pour l'instant, en tant que fan de science-fiction, je reste un peu sur ma faim. Les thèmes sont là (dérives scientifiques, fusion homme-machine, mutations...) mais j'ai plus l'impression de lire une version BD du "Fugitif" que de Gattaca ou d'un film de Cronenberg.
Concernant l'intrigue, je sens également comme un problème de rythme. Moore est certes doué pour les cliffhangers et extrêmement doué pour donner de la substance à ses personnages mais il a déclaré avoir conçu Echo comme une histoire d'une trentaine de chapitres regroupés en trois actes. Or nous en sommes déjà au numéro 14 et bien qu'il se soit déjà passé pas mal de choses, j'ai l'impression de n'assister encore qu'au prélude alors qu'on est censé être au milieu de l'histoire. Par comparaison, j'ai envie d'évoquer Peter Weir, le réalisateur de Witness, Truman Show ou encore Master & Commander, qui pour moi sont des films dont l'introduction des personnages a l'air de prendre les 3/4 du temps et le reste semble baclé en 10 minutes. J'espère que ce ne sera pas le cas pour Echo qui, de toute manière, n'est obligé par aucun impératif de se restreindre à 30 numéros (il s'agit encore une fois d'auto-publication).
Que Moore prenne donc son temps s'il doit en passer par là pour nous offrir une histoire de qualité mais si Echo se révèle à la longue être une sorte de feuilleton improvisé dont le dénouement est pour l'instant complètement vague pour son propre auteur, je ne serai pas étonné que ça parte en couilles un moment donné, à la Lost ou Twin Peaks.
Pour l'instant, ça n'a pas l'air d'être le cas et pour ma part, je serai au rendez-vous pour le numéro 15.
Prochainement: une nouvelle catégorie: Spotlight
Publicité
