DISTRICT 9
Réal.: Neill Blomkamp
Avec: Sharlto Copley
En relayant la bande-annonce de District 9 il y a presque deux mois (dans cet update), j'avais dit avoir pensé que "ça [faisait] un peu téléfilm"... Je suis content de me gourer lorsqu'il en découle une bonne surprise.
Non seulement District 9 a le calibre d'un film de cinéma, mais il se pourrait bien qu'on tienne là un futur classique. Peut-être pas du gabarit d'un Alien ou d'un E.T. (je souligne au passage que ce dernier film m'est absolument insupportable) mais certainement aussi marquant que "La Mouche" de Cronenberg, "La Chose" de Carpenter ou le "Robocop" de Verhoeven.
Techniquement, je m'attendais au genre de films à petit budget essayant de compenser leurs manque de moyens par des "trucages inventifs", or les effets spéciaux sont sans défauts (merci Peter Jackson, je présume) et les scènes d'action sont mille fois plus divertissants que tous les Harry Potter réunis. Pour ceux qui auraient encore des doutes après le Seigneur des Anneaux, il semblerait aujourd'hui de plus en plus indéniable que les néo-zélandais de Weta n'aient plus rien à envier à leurs confrères Hollywoodiens.
Maintenant, en ce qui concerne le scénario, soyons honnêtes: il y a d'énormes lacunes. Pour une race ayant maitrisé le voyage interstellaire, les extra-terrestres de District 9 m'ont parus particulièrement sous-développés. Je conçois que le film aurait été beaucoup trop long si l'on s'était attardé sur les 20 ans durant lesquels les aliens étaient passés de "refugiés" à "parias de bidonville" mais certains raccourcis me paraissent un peu trop faciles: si les humains ne peuvent se servir des armes extra-terrestres, pourquoi ces derniers se sont-ils laissés dominer au point d'être traités comme des sous-merdes réduits à fouiller dans les décharges? ATTENTION SPOILER (sélectionnez le texte pour le lire): Si le vaisseau était prêt à repartir aussi facilement à la fin, pourquoi l'avoir abandonné en premier lieu?
Evidemment, je cherche un peu la petite bête mais je trouve juste dommage qu'un premier film aussi réussi n'ait pas su prendre le temps de maintenir un peu plus de cohérence dans le scénario. Ca ne gache néanmoins en rien le plaisir que j'ai eu à voir le film et comme il y a tout lieu de penser que, vu le succès en salles (je parle du box-office US bien sûr), nous sommes au début d'une franchise, Blomkamp et compagnie se donneront peut-être la peine de soigner un peu plus l'histoire pour les suites à venir.
Un petit mot, pour terminer, sur l'interprétation: Sharlto Copley est parfait. Tour à tour sympathique en petit employé jovial, pistonné, et un peu trouillard, puis méprisable dans son rôle d'expulseur au relents de racisme, puis de nouveau attachant en fugitif désespéré, Copley parvient à donner corps à un héros original qui échappe aux stéréotypes d'Hollywood. J'ai trouvé qu'un certain cabotinage entachait un peu le réalisme de la partie "documentaire" du début mais la faute en revient peut-être plus à l'écriture des scènes et au ton que Blomkamp à voulu leur donner qu'à la performance des acteurs. Rendez-vous prochainement dans un Roundup pour des nouvelles assez surprenantes sur le prochain projet de Copley.
En conclusion, District 9 s'est révélé une plus qu'excellente surprise dans le sens où mes attentes ont été sérieusement dépassées. Je m'attendais à un bon film, j'ai eu droit à un formidable spectacle dont je sais que je prendrai plaisir à revoir sans lassitude.
Bon, je vous laisse, j'ai une soudaine envie de crevettes...


Avec: Sharlto Copley
En relayant la bande-annonce de District 9 il y a presque deux mois (dans cet update), j'avais dit avoir pensé que "ça [faisait] un peu téléfilm"... Je suis content de me gourer lorsqu'il en découle une bonne surprise.
Non seulement District 9 a le calibre d'un film de cinéma, mais il se pourrait bien qu'on tienne là un futur classique. Peut-être pas du gabarit d'un Alien ou d'un E.T. (je souligne au passage que ce dernier film m'est absolument insupportable) mais certainement aussi marquant que "La Mouche" de Cronenberg, "La Chose" de Carpenter ou le "Robocop" de Verhoeven.
Techniquement, je m'attendais au genre de films à petit budget essayant de compenser leurs manque de moyens par des "trucages inventifs", or les effets spéciaux sont sans défauts (merci Peter Jackson, je présume) et les scènes d'action sont mille fois plus divertissants que tous les Harry Potter réunis. Pour ceux qui auraient encore des doutes après le Seigneur des Anneaux, il semblerait aujourd'hui de plus en plus indéniable que les néo-zélandais de Weta n'aient plus rien à envier à leurs confrères Hollywoodiens.
Maintenant, en ce qui concerne le scénario, soyons honnêtes: il y a d'énormes lacunes. Pour une race ayant maitrisé le voyage interstellaire, les extra-terrestres de District 9 m'ont parus particulièrement sous-développés. Je conçois que le film aurait été beaucoup trop long si l'on s'était attardé sur les 20 ans durant lesquels les aliens étaient passés de "refugiés" à "parias de bidonville" mais certains raccourcis me paraissent un peu trop faciles: si les humains ne peuvent se servir des armes extra-terrestres, pourquoi ces derniers se sont-ils laissés dominer au point d'être traités comme des sous-merdes réduits à fouiller dans les décharges? ATTENTION SPOILER (sélectionnez le texte pour le lire): Si le vaisseau était prêt à repartir aussi facilement à la fin, pourquoi l'avoir abandonné en premier lieu?Evidemment, je cherche un peu la petite bête mais je trouve juste dommage qu'un premier film aussi réussi n'ait pas su prendre le temps de maintenir un peu plus de cohérence dans le scénario. Ca ne gache néanmoins en rien le plaisir que j'ai eu à voir le film et comme il y a tout lieu de penser que, vu le succès en salles (je parle du box-office US bien sûr), nous sommes au début d'une franchise, Blomkamp et compagnie se donneront peut-être la peine de soigner un peu plus l'histoire pour les suites à venir.
Un petit mot, pour terminer, sur l'interprétation: Sharlto Copley est parfait. Tour à tour sympathique en petit employé jovial, pistonné, et un peu trouillard, puis méprisable dans son rôle d'expulseur au relents de racisme, puis de nouveau attachant en fugitif désespéré, Copley parvient à donner corps à un héros original qui échappe aux stéréotypes d'Hollywood. J'ai trouvé qu'un certain cabotinage entachait un peu le réalisme de la partie "documentaire" du début mais la faute en revient peut-être plus à l'écriture des scènes et au ton que Blomkamp à voulu leur donner qu'à la performance des acteurs. Rendez-vous prochainement dans un Roundup pour des nouvelles assez surprenantes sur le prochain projet de Copley.En conclusion, District 9 s'est révélé une plus qu'excellente surprise dans le sens où mes attentes ont été sérieusement dépassées. Je m'attendais à un bon film, j'ai eu droit à un formidable spectacle dont je sais que je prendrai plaisir à revoir sans lassitude.
Bon, je vous laisse, j'ai une soudaine envie de crevettes...

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