SURROGATES
Réal.: Jonathan Mostow
Avec: Bruce Willis, Radha Mitchell, Ving Rhames, James Cromwell
Tout d'abords, je suis content de constater que les handicapés mentaux sont toujours aussi privilégiés dans le recrutement des traducteurs de titres de films. C'est rassurant, je me dis que si un jour je me retrouve lobotomisé, il restera quand même UN secteur d'activité qui m'accueillera à bras ouverts!!
"Surrogates", comme son nom l'indique, n'a absolument rien à voir avec le clonage. Le mot "surrogate" signifie "remplacement" ou plus exactement "substitut". Le clonage implique la création d'êtres non seulement identiques mais également vivants, puisque créés à partir de cellules biologiques. Or, les surrogates du film de Mostow (originellement tiré d'une BD de Robert Venditti et Brett Weldele) ne sont que des machines qui, bien que technologiquement hyper évolués, ne sont en gros que des robots télécommandés. Je suppose que la traduction la plus correcte du titre en français aurait été "Avatars"... dommage que le film de Cameron sorte presque à la même époque.
Car c'est bien là le thème principal de "Surrogates".
Dans un futur proche, l'utilisation d'androïdes commandés mentalement à distance est une pratique généralisée au sein de la population, permettant ainsi aux gens de ne plus avoir à sortir de chez eux pour effectuer leurs tâches quotidiennes. C'est aussi un moyen de s'affranchir des limites imposés par son aspect physique et de se faire passer pour la personne que l'on désire être. Un pur thème de science-fiction, pas si éloigné que ça de la réalité d'aujourd'hui lorsque l'on se donne la peine de réfléchir sur l'impact que peuvent avoir les mondes virtuels comme "Second Life" ou les jeux online massivement multiplayers comme Warcraft.

Avec la BD de Venditti et Weldele, Mostow tenait un bon sujet et bien qu'aucun de ses films précédents ne mérite d'être qualifié de particulièrement marquant, j'avais bon espoir de voir un film au moins distrayant, voire intelligent (depuis le "L.A. Confidential" de Curtis Hanson, je suis devenu enclin à me préparer à être agréablement surpris concernant certains réalisateurs). Malheureusement, la bande-annonce de "Surrogates" est presque aussi trompeuse que son titre français.
Les scènes d'action se comptent sur les doigts d'une seule main et aucun autre élément du film ne vient compenser ce manque frustrant de grand spectacle. Terminator 3, du même Mostow, était certes une sacrée tache dans la franchise, mais au moins les scènes d'action étaient bien bourrins.

Dans "Surrogates", seules deux poursuites viennent relever l'ambiance un peu pesante d'un scénario peu inspiré, et encore, on se dit que Daniel Craig aurait pu les tourner les yeux bandés tellement elles sont molles. Coté scénario, le film démarre de manière interessante mais, contrairement à une oeuvre comme Gattaca, où l'énigme policière servait de fil conducteur mais ne prenait jamais le pas sur le thème principal du film (en l'occurence l'eugénisme), "Surrogates" se laisse transformer en une banale intrigue policière plombée de clichés. Même l'idée d'envoyer Tom Greer (le personnage interprété par Bruce Willis) en chair et en os à la place de son Surrogate est complètement sous-utilisée alors qu'elle aurait du servir de vecteur de tension ("là, il peut vraiment mourir donc il faut qu'il fasse gaffe!").
A essayer de jongler sur les deux tableaux, "Surrogates" se plante dans l'un comme dans l'autre. Les thèmes de science-fiction sont sacrifiés pour le compte de scènes d'action destinées à ramener un plus large public, mais ces mêmes scènes ne sont pas assez distrayantes pour compenser un scénario bavard et finalement sans intérêt. Que reste-t-il à sauver? Les effets spéciaux? Même pas. Le maquillage des acteurs, censé leur donner un aspect plus "artificiel", est presque plus impressionant que les trucages ou les cascades. A la limite, seul Bruce Willis arrive à tirer son épingle du jeu en montrant qu'il arrive à être aussi convaincant en simple être humain vulnérable qu'en action hero invincible.
Après "Whiteout", voilà donc une nouvelle opportunité gachée d'adapter une bonne BD sur le grand écran. La seule chose à retenir de ces deux films est le nom de leurs réalisateurs... suivi de "à éviter".


Avec: Bruce Willis, Radha Mitchell, Ving Rhames, James Cromwell
Tout d'abords, je suis content de constater que les handicapés mentaux sont toujours aussi privilégiés dans le recrutement des traducteurs de titres de films. C'est rassurant, je me dis que si un jour je me retrouve lobotomisé, il restera quand même UN secteur d'activité qui m'accueillera à bras ouverts!!
"Surrogates", comme son nom l'indique, n'a absolument rien à voir avec le clonage. Le mot "surrogate" signifie "remplacement" ou plus exactement "substitut". Le clonage implique la création d'êtres non seulement identiques mais également vivants, puisque créés à partir de cellules biologiques. Or, les surrogates du film de Mostow (originellement tiré d'une BD de Robert Venditti et Brett Weldele) ne sont que des machines qui, bien que technologiquement hyper évolués, ne sont en gros que des robots télécommandés. Je suppose que la traduction la plus correcte du titre en français aurait été "Avatars"... dommage que le film de Cameron sorte presque à la même époque.
Car c'est bien là le thème principal de "Surrogates".
Dans un futur proche, l'utilisation d'androïdes commandés mentalement à distance est une pratique généralisée au sein de la population, permettant ainsi aux gens de ne plus avoir à sortir de chez eux pour effectuer leurs tâches quotidiennes. C'est aussi un moyen de s'affranchir des limites imposés par son aspect physique et de se faire passer pour la personne que l'on désire être. Un pur thème de science-fiction, pas si éloigné que ça de la réalité d'aujourd'hui lorsque l'on se donne la peine de réfléchir sur l'impact que peuvent avoir les mondes virtuels comme "Second Life" ou les jeux online massivement multiplayers comme Warcraft.

Avec la BD de Venditti et Weldele, Mostow tenait un bon sujet et bien qu'aucun de ses films précédents ne mérite d'être qualifié de particulièrement marquant, j'avais bon espoir de voir un film au moins distrayant, voire intelligent (depuis le "L.A. Confidential" de Curtis Hanson, je suis devenu enclin à me préparer à être agréablement surpris concernant certains réalisateurs). Malheureusement, la bande-annonce de "Surrogates" est presque aussi trompeuse que son titre français.
Les scènes d'action se comptent sur les doigts d'une seule main et aucun autre élément du film ne vient compenser ce manque frustrant de grand spectacle. Terminator 3, du même Mostow, était certes une sacrée tache dans la franchise, mais au moins les scènes d'action étaient bien bourrins.

Dans "Surrogates", seules deux poursuites viennent relever l'ambiance un peu pesante d'un scénario peu inspiré, et encore, on se dit que Daniel Craig aurait pu les tourner les yeux bandés tellement elles sont molles. Coté scénario, le film démarre de manière interessante mais, contrairement à une oeuvre comme Gattaca, où l'énigme policière servait de fil conducteur mais ne prenait jamais le pas sur le thème principal du film (en l'occurence l'eugénisme), "Surrogates" se laisse transformer en une banale intrigue policière plombée de clichés. Même l'idée d'envoyer Tom Greer (le personnage interprété par Bruce Willis) en chair et en os à la place de son Surrogate est complètement sous-utilisée alors qu'elle aurait du servir de vecteur de tension ("là, il peut vraiment mourir donc il faut qu'il fasse gaffe!").
A essayer de jongler sur les deux tableaux, "Surrogates" se plante dans l'un comme dans l'autre. Les thèmes de science-fiction sont sacrifiés pour le compte de scènes d'action destinées à ramener un plus large public, mais ces mêmes scènes ne sont pas assez distrayantes pour compenser un scénario bavard et finalement sans intérêt. Que reste-t-il à sauver? Les effets spéciaux? Même pas. Le maquillage des acteurs, censé leur donner un aspect plus "artificiel", est presque plus impressionant que les trucages ou les cascades. A la limite, seul Bruce Willis arrive à tirer son épingle du jeu en montrant qu'il arrive à être aussi convaincant en simple être humain vulnérable qu'en action hero invincible.
Après "Whiteout", voilà donc une nouvelle opportunité gachée d'adapter une bonne BD sur le grand écran. La seule chose à retenir de ces deux films est le nom de leurs réalisateurs... suivi de "à éviter".

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